James Price «James P.» JOHNSON

(Pianiste, compositeur et arrangeur)


Né à Brunswick (New Jersey) le 1er février 1894

Décédé à New York city le 17 novembre 1955

Il reçoit ses premières leçons de sa mère.

En 1908 il s’établit avec sa famille à New York où il découvre les virtuoses du ragtime, du blues et de la musique de scène de l’époque. Il prend des leçons de piano classique avec Bruto GIANNINI de 1913 à 1916 et apprend aussi des pianistes de ragtime tels qu’Abba LABBA (Richard McLean), Luckey ROBERTS et Eubie BLAKE qui l’incitent à développer une approche orchestrale du clavier.

Il commence à jouer dans des «rent parties» pendant son adolescence et obtient son premier travail professionnel à Coney Island au cours de l’été 1912. Il joue ensuite à partir de 1913 dans divers clubs de New York et Atlantic City. C’est dans ces clubs de danse qu’il développe de nombreuses figures rythmiques qui deviendront fameuses plus tard.

Il enregistre ses premiers rouleaux de piano en 1916, et en 1917 publie la première de ses quelque 200 compositions : «Mama’s blues» et «Stop it Joe». Vers 1918 il effectue des tournées de théâtre qu’il abandonne pour jouer en résidence à Toledo (Ohio) en 1919. En 1921 il entame une carrière prolifique d’enregistrements et travaille comme directeur musical des «Dudley’s Black Sensations/Smart Set’ Revues» et dirige son «Harmony Seven» à New York en 1922. Ses premières compositions «The Harlem Strut», «Carolina Shout» et «Keep of the grass» ont un énorme succès. Il est alors considéré comme le meilleur des pianistes de Harlem. Carolina Shout devient le morceau de référence joué note pour note par des pianistes tels que «Fats» WALLER, Duke ELLINGTON et Claude HOPKINS.

En 1923 il écrit sa première comédie musicale pour Broadway «Runnin’ Wild» qui tient l’affiche pendant 213 représentations. Cette revue comprend les succès «Old fashioned love» et «The Charleston».

En mars 1923 il se rend en Angleterre avec la revue «Plantation Days». Par la suite il continue avec des succès divers à écrire pour la scène de Broadway plus d’une douzaine de partitions. Dans le même temps il commence à composer des œuvres orchestrales basées en partie sur le modèle classique avec des éléments de jazz. La première «Yame Kraw», une rapsodie pour piano, est orchestrée par William Grant STILL et jouée à Carnegie Hall en 1927 avec «Fats» WALLER en soliste et plus tard filmée en court métrage en 1930.

Au cours des années 1920s il enregistre avec des orchestres et accompagne des chanteuses telles que Bessie SMITH, Ethel WATERS etc… En 1928 il travaille avec «Fats» WALLER dans la revue «Keep Shufflin’» et l’année suivante dirige l’orchestre du film «St Louis Blues» dont la vedette est Bessie SMITH. Il enregistre également sous le nom de «Louisiana Sugar Babes» avec le trompettiste Jabbo SMITH et le clarinettiste Garvin BUSHELL. «Fats» WALLER jouant de l’orgue en parallèle du piano de Johnson.

Durant la Dépression (à partir de 1929) il s’oriente essentiellement vers la composition. Il écrit sa Harlem Symphonie en 1932. Suivent un concerto pour piano Jassamine en 1934 et Symphony in Brown en 1935. Un Blues Opéra en un acte « De Organizer » avec un livret de Langston HUGUES est joué à Carnegie Hall en 1940. Au début des années 1930s il joue occasionnellement avec d’autres orchestres, notamment celui de «Fess» WILLIAMS en 1936-37.

Il participe en vedette aux deux concerts donnés à Carnegie Hall «From Spirituals to Swing» en décembre 1938 et 1939. En 1938 il enregistre avec le clarinettiste «Mezz» MEZZROW pour les célèbres «Sessions Panassié» et également avec le clarinettiste Pee wee RUSSELL et le trompettiste Frankie NEWTON (1939) ainsi que sous son propre nom.

En 1939 et durant les années 1940s il recommence à jouer régulièrement dans les clubs et en concert. En août 1939 il joue en solo au «Café Society», puis en novembre joue dans le show «Swingin’ the Dream» et en décembre il dirige son propre orchestre au «Café Society». En 1940 il conduit un orchestre au «Elk’s Rendez Vous» et au «Café Society» de New York jusqu’à ce qu’il tombe malade au cours de l’été. Il recommence à travailler l’année suivante comme directeur musical des «Pinkard’s Fantasies».

Au début de 1943 il joue dans l’orchestre du trompettiste Wild Bill DAVISON à Boston. En 1944 il dirige son propre orchestre et travaille en free lance. Après la mort de «Fats» Waller en décembre 1943, il participe à une série de concerts hommage organisés par le guitariste Eddie CONDON au «Town Hall». En 1944-45 il joue pendant les pauses au «Pied Piper» de Greenwich Village où il engage des contests avec le pianiste de l’orchestre de Max Kaminsky : Willie «The Lion» SMITH. La maladie met fin à son engagement à la fin de décembre. Cependant au début de 1946 il peur jouer avec Louis ARMSTRONG et se produire au cours d’un nouveau concert à la mémoire de «Fats» Waller. Il joue ensuite comme leader ou sideman avec Eddie CONDON, les clarinettistes Edmond HALL et Rod CLESS et avec les trompettistes Yank LAWSON, Sidney De PARIS et Max KAMINSKY. Il est à nouveau arrêté à la suite d’une attaque en octobre de cette même année. Il peut rejouer au printemps de 1947, participe aux émissions de radio «This is Jazz», et on peut l’entendre au cours de jam sessions au «Stuyvesant Casino» et au «Central Plaza» de juin 1948 à février 1949. En 1949 il travaille dans une production californienne de la revue «Sugar Hill» et joue occasionnellement au sein du quartette du clarinettiste Albert NICHOLAS.

De retour à New York il continue à travailler jusqu’à ce qu’une attaque plus forte le frappe en 1951. Il reste désormais paralysé et incapable de jouer. Il passe ses derniers jours au Queen’s Hospital où il décède le 17 novembre 1955.