Bernard PEIFFER

(Pianiste)


(source internet)

Né à Épinal - Vosges (France) le 23 octobre 1922

Décédé à Philadelphie (Pennsylvanie) le 7 septembre 1976

Très jeune il étudie le piano, et son professeur le destine à une carrière de concertiste. Chassée par la guerre, sa famille suit l’exode et s’installe à Marseille. Là, il poursuit ses études musicales au Conservatoire de cette ville et en sort avec un Premier Prix de piano. Il monte alors à Paris, mais échoue au concours d’entrée au Conservatoire National. Il s’inscrit donc à l’École Normale de Musique au cours d’harmonie de Mr. Dandelot, mais il s’y ennuie à mourir (de son propre aveu).

Déjà, il pense au Jazz et s’inscrit au «Tournoi des Amateurs du Hot Club de France» qui a lieu à la salle Pleyel. Le 3 janvier 1943 il se présente, sûr de lui, mais ne reçoit qu’une mention. C’est pourtant cet essai qui démarre sa carrière, car un impresario, qui la entendu, l’engage pour jouer à Dijon dans un petit orchestre de brasserie.

De retour à Paris il joue dans quelques établissements de troisième ordre. Cependant un jour, il est présenté au saxophoniste alto André EKYAN qui l’engage dans son orchestre. Le 10 octobre 1943 il rejoue à la salle Pleyel, mais cette fois, pas comme amateur, mais comme membre de l’orchestre d’André Ekyan. Il y obtient un gros succès. En 1944 il joue avec Django REINHARDT, puis avec le clarinettiste Hubert ROSTAING.

Malheureusement sa carrière s’interrompt car, pour échapper au S.T.O. et ne pas partir en Allemagne, il se sauve à Bordeaux où il mène une vie de bohême, courant les surprises-parties et les jam-sessions, mais crevant de faim. À la Libération, il remonte à Paris qui l’a un peu oublié. Il est finalement engagé par Eddie BARCLAY pour jouer dans l’orchestre de son «Club». Ne s’y plaisant pas, il disparaît du jour au lendemain et s’engage dans l’armée, où il devient la «bonne à tout faire» des officiers et sous-officiers, selon sa propre expression. Au cours d’une visite de Joséphine BAKER à son régiment, il l’accompagne, mais pour une forte tête comme lui, la vie militaire n’est pas l’idéal.

Démobilisé en mars 1946, il se rend à Nice pour rejoindre ses parents, et revient à Paris un mois plus tard. Là il rejoue avec André EKYAN, accompagnant notamment le chanteur Jean Sablon à l’A.B.C., puis en mai joue en concert avec Django REINHARDT et EKYAN. À nouveau sans travail, il retourne à Nice et décroche une saison à Ste Maxime. De retour à Paris à l’automne, il attend la réouverture du «Beaulieu» pour jouer jusqu’à Noël avec Ekyan. En février et mars 1947 il joue à Nice au «Queen’s», puis à nouveau avec Ekyan d’avril à juin au «Casino Municipal de Nice». En juin il se marie, puis joue de juillet à septembre au «Hollywood» de Juan-les-Pins, pour la première fois à la tête de son propre orchestre. Il joue ensuite en Suisse, puis en Tunisie et revient à Nice en février 1948 pour le «Premier Festival International de Jazz». Là il rencontre le trompettiste Rex STEWART qui l’engage pour une tournée, et avec lequel il enregistre à Bâle et apparaît dans le film de Jacques Becker «Rendez-vous de juillet» en 1949.

Par la suite il enregistre à Paris avec le trompettiste Bill COLEMAN et les saxophonistes Don BYAS, Sidney BECHET et James MOODY, toujours en 1949.

Au cours des années cinquante, il joue avec Django REINHARDT et le saxophoniste alto Hubert FOL, et travaille surtout à Paris comme soliste ou à la tête de son propre trio.

En 1954 il se rend aux États-Unis et travaille à New York. Il se fixe par la suite à Philadelphie où il joue dans les clubs. Il se rend à New York en 1956 et 1960 pour enregistrer, et se produit au «Festival de Newport» en 1957 et 1958. Il effectue ensuite plusieurs tournées de concerts dans les universités entre 1959 et 1965.

Il rejoue en France en 1966, et fait sa dernière apparition publique en 1974.

Il est décédé à Philadelphie le 7 septembre 1976.