Alphonse Floristan PICOU

(Clarinettiste)


Né à La Nouvelle-Orléans (Louisiane) le 19 octobre 1878

Décédé à La Nouvelle-Orléans (Louisiane) le 4 février 1961

Il commence par jouer de la guitare, puis au début de l’adolescence apprend la clarinette. À l’âge de seize ans il est un musicien accompli. Son premier travail régulier est dans un orchestre dirigé par le tromboniste «Bouboul» Fortunea AUGUSTAT. Il joue ensuite avec l’«Accordiana Band» et plus tard dirige son propre «Independence Band». À la fin des années 1890s il joue régulièrement au sein du «Lyre Club Symphony Orchestra» et travaille aussi avec les cornettistes Oscar DuCONGÉ et Manuel PEREZ.

Entre 1900 et 1915 il joue dans de nombreux orchestres de La Nouvelle-Orléans : le «Bloom Philhatmonic Orchestra» (1903), le «Freddie Keppard’s Olympia Orchestra» (1907 à 1910), ainsi qu’avec le «Louis Keppard’s Magnolia Orchestra» aux côtés du cornettiste Joe OLIVER et du contrebassiste George «Pops» FOSTER (1909). Foster se souvient qu’à cette époque Picou doublait au saxophone soprano. De 1910 à 1912 il joue avec Manuel PEREZ et devient membre fondateur du «Papa Celestin’s Tuxedo Orchestra» et du «Tuxedo Brass Band» avec lesquels il joue de la clarinette en si bémol et en mi bémol (modèle plus petit). C’est à cette époque qu’il adapte pour la clarinette le solo de piccolo de «High Society», tiré de l’arrangement écrit par Robert Recker, solo qui sera repris dans toutes les interprétations ultérieures de ce morceau.

De 1912 à 1915 il dirige un orchestre et effectue un court séjour à Chicago avec Manuel PEREZ à l’«Arsonia Cafe» vers 1917. De retour à La Nouvelle-Orléans, il joue avec le batteur, contrebassiste et violoniste John ROBICHAUX, le «Camelia Orchestra», le «Golden Leaf Orchestra», le violoniste Armand PIRON et le cornettiste Buddie PETIT (1918). En 1923 et 1924 il travaille avec le trompettiste Lee COLLINS puis joue ensuite longuement avec John ROBICHAUX jusqu’en 1926.

En 1923 il écrit plusieurs compositions pour le «Creole Jazz Band» de «King» OLIVER, dont «Olympia Rag» et «Onzaga» rebaptisés par Oliver lors des enregistrements : «Chattanooga Stomp» et «New Orleans Stomp».

En 1932 il réduit son activité musicale et revient à son métier initial d’étameur mais à la faveur du «New Orleans Revival», il enregistre avec le trompettiste «Kid» RENA en 1940 et travaille de la fin des années quarante à 1954 dans une petite formation avec Oscar «Papa» CELESTIN en résidence au «Paddock». Il dirige ensuite l’orchestre qui passe sous le nom du bassiste Richard ALEXIS, puis du pianiste Octave CROSBY. En 1956 il enregistre avec l’«Eureka Brass Band». À la fin des années cinquante il devient le doyen des musiciens de La Nouvelle-Orléans et joue au «Picou’s Barand Restaurant » jusqu’à sa mort qui survient le 4 février 1961.