Edward Kennedy «Duke» ELLINGTON

(Pianiste, compositeur arrangeur et chef d’orchestre)

Né à Washington D.C. le 29 avril 1899

Décédé à New York City le 24 mai 1974

Père du trompettiste, arrangeur et chef d’orchestre Mercer ELLINGTON (1919-1996). Son père exerçait l’emploi de sommelier maître d’hôtel et aurait voulu être lui-même artiste.

Le jeune Edward étudie le piano dès l’âge de sept ans, et est très influencé par les pianistes de ragtime. Il suit les cours de la «Armstrong High School» à Washington, de février 1914 à juin 1917. Il quitte l’école avant ses examens et essaie la peinture. C’est dans son enfance qu’un voisin le surnomme «Duke» en raison de son allure élégante.

Il étudie l’harmonie avec Henry GRANT et fait ses débuts professionnels à dix-sept ans au «Washington True Reformers’ Hall» et travaille ensuite au «Poodle Dog Cafe». C’est à cette époque qu’il écrit sa première composition : «Soda Fountain Rag». Il travaille régulièrement comme pianiste à l’«Abbott House» et joue à l’«Oriental Theatre» travaillant également avec divers chefs d’orchestre : Louis THOMAS, Daniel DOYLE, Oliver «Doc» PERRY, Elmer SNOWDEN etc… Avec le saxophoniste Otto HARDWICK et le trompettiste Arthur WHETSOL il fait une courte saison dans le Wisconsin avant de former un orchestre régulier : «The Duke Serenaders».

Il fait sa première visite à New York du 5 au 11 mars 1923 avec le clarinettiste Wilbur SWEATMAN, mais doit repartir par manque de moyens financiers. Toutefois, sur l’avis de «Fats» WALLER, il revient un peu plus tard dans l’année avec l’orchestre washingtonien du banjoïste Elmer SNOWDEN : «The Washingtonians». Cette formation comprend le batteur Sonny GREER, le saxophoniste Otto HARDWICK, Elmer SNOWDEN au banjo, et le trompettiste Art WHETSOL.

Entre 1923 et 1927 le petit groupement qui joue au «Kentucky Club» de Broadway, augmente ses effectifs à dix musiciens par l’addition du trompettiste «Bubber» MILEY ainsi qu’un autre trompettiste, le tromboniste Joe «Tricky Sam» NANTON, le saxophoniste alto et baryton Harry CARNEY, le clarinettiste et saxophoniste ténor Rudy JACKSON et le contrebassiste Wellman BRAUD, Fred GUY remplaçant Elmer Snowden au banjo puis à la guitare.

De 1927 à 1931 Duke et son orchestre font les beaux jours du «Cotton Club» de Harlem, et deviennent avec Louis Armstrong les têtes d’affiche du monde du jazz. L’orchestre s’agrandit encore à douze musiciens avec Barney BIGARD à la clarinette remplaçant Rudy Jackson, l’arrivée de Johnny HODGES aux saxophones alto et soprano et les trompettistes Freddie JENKINS et «Cootie» WILLIAMS, ce dernier remplaçant «Bubber» Miley. Le groupe enregistre abondamment et participe à des films à Hollywood. De 1932 à 1942 la production d’Ellington est très créative. L’orchestre qui comprend alors quatorze musiciens tourne dans de nombreuses villes américaines, obtenant un succès considérable.

Il fait une tournée de concerts en Europe en 1933 et en 1939.

En 1939, l’orchestre reçoit plusieurs nouveaux musiciens importants : le contrebassiste Jimmy BLANTON, le saxophoniste ténor Ben WEBSTER et Billy STRAYHORN comme compositeur, arrangeur et second pianiste. Au cours de cette période, Ellington crée plusieurs compositions importantes, telles : «Concerto for Cootie», «KoKo» et «Cotton Tail». Toutefois, à partir de 1946, l’orchestre souffre des fréquents changements. Il y a eu pourtant l’arrivée de solistes importants : le trompettiste et violoniste Ray NANCE, le trompettiste Harold «Shorty» BAKER et le clarinettiste Jimmy HAMILTON après le départ de Barney Bigard.

En janvier 1943 il inaugure une série de concerts annuels au «Carnegie Hall» avec sa suite «Black, Brown and Beige». D’autres compositions ambitieuses suivront : «Liberian Suite», «Harlem», «Night Creature», «Such Sweet Thunder» et «Suite Thursday».

À partir de 1950 il entreprend de fréquentes tournées, compose de la musique de film : «Anatomy of a murder» pour Otto Preminger en 1959. Il enregistre avec des musiciens de styles divers tels que le saxophoniste John COLTRANE, le contrebassiste Charlie MINGUS ou le batteur Max ROACH.

En juillet 1955 l’orchestre prend un nouveau souffle avec l’arrivée du batteur Sam WOODYARD qui nous valent une belle série d’enregistrements. D’autres solistes importants participent à ces séances, tels : le trompettiste Clark TERRY, le saxophoniste alto et clarinettiste Russell PROCOPE ou le tromboniste Quentin JACKSON.

Dans la dernière décade de sa vie, il écrit de la musique d’inspiration religieuse : «In the beginning God» pour orchestre, chœur, solistes et danseur et se produit à la «Grace Cathedral» de San Francisco en 1965. D’autres programmes de musique sacrée suivront. Il reçoit de nombreux prix et distinctions dont la Légion d’Honneur en France et est nommé membre de l’«Académie Royale de Musique» de Stockholm. Il nous reste un documentaire réalisé en 1974 : «On the road with Duke Ellington». Bien que fêté et adulé, le grand public n’a pas bien réalisé quel pianiste exceptionnel il a été. Il continue à diriger son orchestre jusqu’à sa mort survenue à New York le 24 mai 1974.

Il nous a laissé un livre de souvenirs : «Music is my mistress», enfin publié en français en mars 2016.

Une "Allée Duke Ellington" a été baptisée à Limoges en son hommage.