Louis Charles «Dizzy» «Charlie» LEWIS

(Pianiste)


(Orchestre Leon Abbey, avec Charlie Lewis au piano)

Né à Chattanooga (Tennessee) le 16 octobre 1903

Décédé à ? Le ?

Il obtient un diplôme musical à la «Fisk University» où il est initié au jazz par Jimmie LUNCEFORD.

En 1924 il joue autour de Nashville et se rend à New York en 1925. Pendant la saison d’été il joue avec LUNCEFORD à Belmar (New Jersey), et en 1927, il est membre de l’orchestre du banjoïste Elmer SNOWDEN. Il se rend ensuite en France où l’année suivante il joue avec le chanteur et chef d’orchestre Noble SISSLE aux «Ambassadeurs» à Paris. En 1935 il rejoint l’orchestre du violoniste Leon ABBEY pour une tournée en Inde. Il tourne ainsi avec Abbey jusqu’en 1939. De mai à juillet 1939 il est interdit de séjour au Danemark pour dette dans un hôtel d’Odense.

Très intéressé par la culture française, en 1940 il est suffisamment habile dans la pratique de la langue française pour se faire passer pour un antillais français nommé Charles LOUIS et de ce fait éviter l’internement par les occupants nazis en France. Il travaille alors et enregistre en Belgique avec le saxophoniste alto André EKYAN en 1943. Durant l’occupation, il est très demandé pour jouer et enregistrer avec le saxophoniste Alix COMBELLE, le trompettiste Philippe BRUN et le guitariste Django REINHARDT en 1940 et avec le clarinettiste Hubert ROSTAING et le guitariste Maceo JEFFERSON en 1941. Pendant la dernière année de l’occupation, sous le nom de Piano Swing, il fait une série d’enregistrements en trio jouant en jazz des chansons populaires et des standards américains retitrés en français pour éviter les foudres de l’administration nazie. De 1941 à 1945 il est membre d’un groupe dirigé par l’accordéoniste Émile CARRARA qui s’exprime dans un idiome issu de la fusion du jazz et de la musique française traditionnelle.

Il reste populaire après la libération, enregistrant beaucoup de 1945 à 1947, mais il est éclipsé par les nouveaux héros du Jazz et les américains de passage.

En 1949 il enregistre avec le trompettiste «Buck» CLAYTON et Sidney BECHET, et en 1950-51 il est le pianiste du «Bricktop’s» à Paris, puis à Rome. De retour à Paris en 1952, il se produit en vedette au «Harry’s Bar», 2 rue Daunou, au début des années 1960s, puis rentre aux USA.

En 1970 il reçoit un doctorat de l’Université du Vermont pour une dissertation sur l’auteur français Marcel Proust.

On ignore la suite de sa carrière, ainsi que le lieu et la date de son décès.