Bertholoff William Henry Joseph Bonaparte «Willie The Lion» SMITH

(Pianiste, compositeur chanteur et chef d’orchestre)

Né à Goshen (New York) le 25 novembre 1897

Décédé à New York City le 18 avril 1973

BERTHOLOFF, il prend le nom de son beau-père SMITH.

Il est élevé à Newark (New Jersey) où sa mère tenait le clavier (piano et orgue) à l’église baptiste, ce qui éveille son intérêt pour la musique. Indépendamment, et pour des raisons non musicales, il se convertit au judaïsme dans sa jeunesse, et plus tard devient cantor à Harlem.

Il apprend à jouer du piano à six ans. Après une éducation musicale, il commence à travailler professionnellement à Atlantic City et à New York au cours de son adolescence et devient un des plus illustres et influents représentants du piano stride de Harlem, issu du style ragtime.

En novembre 1916 il s’engage dans l’armée et participe en France à la 1ère Guerre Mondiale. Durant cette période il joue de la grosse caisse au sein du «Lt Tim Brynn’s Regimental Band»

Parmi les différentes explications, il aurait gagné son surnom de «The Lion» en raison de sa conduite héroïque au front. Démobilisé à New York à la fin de 1919, il s’installe au premier rang des pianistes stride de New York. L’amitié et la mutuelle admiration qu’il partage avec Duke ELLINGTON au cours de ces premières années sont parfaitement illustrées par le «Portrait of The Lion» de Duke Ellington (1939) et «Portrait of The Duke» de Willie Smith (1957).

En 1919-20 il joue au «Leroy’s» de Harlem, et en 1920 il enregistre le premier disque de la chanteuse Mamie SMITH: «Crazy Blues». Il tourne alors dans des circuits de théâtre, notamment dans «Holiday in Dixieland Revue» (1922-23). Il retourne à Harlem où il joue avec le trompettiste Bubber MILEY et le tromboniste Jimmy HARRISON (vers 1923). Il travaille ensuite avec Sidney BECHET au «Rhythm Club», et lorsque Bechet le quitte au printemps de 1925, il prend la direction de l’orchestre et engage le saxophoniste Johnny HODGES. Il continue à jouer dans ce club rebaptisé le «Hoofer’s Club» en jam session avec un quartette comprenant Benny CARTER. Il joue ensuite dans des shows moins connus, participant aussi à des rent parties de Harlem avec ses amis les pianistes «Fats» WALLER et James P. JOHNSON. Au début des années 1930s il entame un long engagement chez «Pod’s and Jerry’s» qui avaient pris la succession du «Hoofer’s Club» où Bechet et le jeune Artie Shaw jouaient. Il émigre ensuite vers la 52ème Rue qui devient à la mode et travaille à l’«Onyx Club» et au «Famous Door» (1934-35). Durant cette période il enregistre et participe à des émissions de radio avec Clarence WILLIAMS et son épouse la chanteuse Eva TAYLOR. Cependant il demeure pratiquement inconnu du grand public jusqu’en 1935 lorsque Decca publie une série de ses enregistrements réalisés avec divers groupements. Ses solos enregistrés en 1939 pour Commodore illustrent bien la maturité de son style. Les huit compositions originales de cette session révèlent clairement son intérêt pour la musique classique et deviennent des pièces maîtresses du répertoire de piano stride comparables aux premières compositions de James P. Johnson et de «Fats» Waller. Un intérêt particulier se trouve dans «Passionnette» et dans les qualités impressionnantes de «Echoes of Swing» inspirées par l’image des nuages et des arbres le matin dans le Park de New York.

Il joue par la suite en trio avec Sidney BECHET avec qui il enregistre en 1939 et en 1941 Entre temps il accompagne le pianiste Joe TURNER en duo au cours d’une séance en 1940. Le raffinement de Smith et le jeu plus rude de Turner demeurent fondamentalement incompatibles. Au cours des années 1940s sa popularité grandit lorsqu’Artie SHAW et Tommy DORSEY jouent des arrangements de ses compositions. Il travaille régulièrement à New York, plus particulièrement au «Pied Piper» comme membre de l’orchestre du trompettiste Max KAMINSKY et dans des «batailles» avec James P. JOHNSON, et à Toronto (Canada).

Le succès de sa tournée en Europe et en Afrique du Nord de décembre 1949 à février 1950 est représentatif de l’augmentation de la reconnaissance et du respect dont il jouit dans ses dernières années.

Durant les années 1950s il joue régulièrement au «Central Plaza» et continue à se produire dans les festivals au long des années 1960s et au début des 1970s. Il refait à nouveau deux tournées en Europe en 1965 et 1966.

Il est décédé à New York le 18 avril 1973.