Theodore Shaw«Teddy» WILSON

(Pianiste et chef d’orchestre)


(source internet)

Né à Austin (Texas) le 24 novembre 1912

Décédé à New Britain (Connecticut) le 31 juillet 1986

Son frère Augustus «Gus» WILSON était tromboniste et arrangeur.

Vers 1918 il se rend avec sa famille à Tuskegee (Alabama) où il est élevé. À huit ans il commence des études de piano classique et apprend également le violon pendant plusieurs années (4 ans). Il joue aussi de la clarinette en mi b et du hautbois dans l’orchestre de son école. Il passe un an au «Talladega College» (Alabama) où il reçoit un diplôme de musique.

Il commence à travailler professionnellement en 1929 à Detroit avec l’orchestre de Speed WEBB dans lequel se trouvent le tromboniste Vic DICKENSON et le trompettiste Roy ELDRIDGE. Il y reste jusqu’au début de 1931. Il remplace ensuite Art TATUM dans le quartette du saxo-clarinettiste Milton SENIOR à Toledo (Ohio). Là, il a plusieurs opportunités d’écouter et de jouer avec Art TATUM qui exerce sur lui une forte influence dans le développement de son style. Avec Senior il se rend à Chicago où il travaille avec Erskine TATE (1931) et d’autres chefs d’orchestres moins connus, dont ceux de Clarence MOORE et du trompettiste Eddie MALLORY au «Granada» et au «Villa Venice» de Chicago.

De janvier à mars 1933 il enregistre et tourne avec le big band de Louis ARMSTRONG, et par la suite retourne à Chicago où il joue avec le clarinettiste Jimmie NOONE Sr. (milieu de 1933) au «Lido» de Chicago. À l’instigation de John HAMMOND il se rend à New York en septembre et rejoint l’orchestre de Benny CARTER (octobre 1933) avec qui il enregistre le mois suivant avec le big band et avec les «Chocolate Dandies». De 1934 au début de 1935 il est membre de l’orchestre du chanteur animateur Willie BRYANT. Il accompagne ensuite les «Charioteers» et joue au «Famous Door» de New York.

À nouveau sollicité par John HAMMOND il enregistre avec le xylo-vibraphoniste Red NORVO et Benny GOODMAN. Hammond le met alors en relation avec la chanteuse Billie HOLIDAY et leur fait enregistrer une longue série de disques entre 1935 et 1942. Par ces disques, Wilson a apporté une contribution cruciale à la carrière de Billie Holiday en sélectionnant les thèmes pour elle et en organisant de petites formations, le plus souvent avec de grands musiciens. Lorsqu’il en a l’occasion, il choisit d’autres chanteuses telles que Ella FITZGERALD, Lena HORNE et Helen WARD. Son partenariat avec Billie Holiday n’existe qu’en studio, bien qu’ils aient travaillé ensemble une semaine au «Famous Door» sur la 52e Rue en septembre 1935. La même année il joue incidemment avec Benny GOODMAN, mais ne forme officiellement le trio que l’année suivante, inaugurant un des premiers groupes mixtes présentant des musiciens noirs avec des artistes blancs. Il reste avec Goodman jusqu’en février 1939, jouant en vedette au sein du trio avec le batteur Gene KRUPA, et en quartette avec Krupa et Lionel HAMPTON. Il dirige ensuite un big band pendant un an de mai 1939 à avril 1940. Parmi les musiciens de son orchestre figurent les trompettistes Harold «Shorty» BAKER, Karl GEORGE et «Doc» CHEATHAM, les saxophonistes Rudy POWELL, Pete CLARK et Ben WEBSTER, le guitariste Al CASEY, le contrebassiste Al HALL et le batteur J.C. HEARD. L’orchestre a une grosse réputation auprès des musiciens, mais n’a qu’un impact modéré auprès du public.

En juin 1940 il forme un sextette avec le trompettiste Bill COLEMAN, le tromboniste Benny MORTON, le clarinettiste Jimmy HAMILTON, Al HALL à la contrebasse et Yank PORTER à la batterie. Il se produit ainsi au «Café Society» (Downtown) en juillet et, en octobre, fait l’ouverture du second «Café Society» (Uptown). Il rejoint brièvement Goodman de janvier à mi-février 1941, mais continue avec son sextette. À l’été 1941, au retour d’un engagement à Chicago, Emmett BERRY remplace Bill Coleman. Israel CROSBY prend la succession d’Al Hall, puis est remplacé à son tour par Johnny WILLIAMS. On peut voir cette dernière formation dans le petit film «Boogie Woogie Dream» (1941) avec la chanteuse Lena HORNE. Entre temps Yank Porter avait été remplacé par J.C. HEARD. À la fin de l’année 1941, Edmond HALL remplace Hamilton, puis à partir de cette date jusqu’en 1944 Wilson continue à alterner des tournées avec de longues résidences aux deux «Café Society». Le sextette reste relativement stable, à l’exception de J.C. Heard remplacé par «Big Sid» CATLETT à partir de septembre 1942. Il dissout le sextette en mai 1944 et travaille pendant un an dans le sextette de Benny GOODMAN.

À partir de 1946 il commence une longue association avec la radio de C.B.S. et enseigne à la «Juilliard School» et au «Metropolitan Music School». Il dirige alors un trio, travaillant pour WNEW de 1949 à 1952. Il effectue sa première tournée en Europe de l’automne 1952 au début de 1953 et reprend sa collaboration avec C.B.S., jouant pour la radio avec son trio qui comprend Milt HINTON à la contrebasse et Jo JONES à la batterie, accompagnant divers artistes invités, dont le clarinettiste Edmond HALL en 1955. Il quitte ensuite C.B.S. pour participer au film «The Benny Goodman Story» (1955). Il tourne après avec son trio et, en 1958, joue à l’Exposition Universelle de Bruxelles avant d’obtenir un engagement à l’«Embers» de New York (été 1958). Il rejoint souvent Goodman pour des soirées et plus particulièrement pour une tournée en URSS (1962) et des concerts à «Carnegie Hall» pendant le «Festival de Newport» (1973), ainsi qu’au «Kool Jazz Festival» (1982). On le voit souvent aux «Dick Gibson’s Colorado Jazz Parties» à partir du milieu des années 1960s, jusque aux années 1970s. Au cours des 1970s il joue au «Michael’s Club» de New York et se produit chaque année à Newport. Il tourne régulièrement comme soliste et enregistre plusieurs albums en Europe et au Japon. Il visite également l’Amérique du Sud où il donne des concerts avec les pianistes Earl HINES, Ellis LARKINS et Marian McPARTLAND (1974), ainsi que l’Australie. Occasionnellement il joue avec Benny CARTER (1978-1981), souvent aux USA, mais aussi au Japon (septembre 1980). Il apparaît à la «Grande Parade du Jazz» de Nice (France) et joue encore pour des Shows télévisés «Swing Reunion» (1985) et «Benny Goodman: Let’s danceAll Star Swing Reunion » (1986).

Il est décédé à New Britain (Connecticut) le 31 juillet 1986.