Coleman «Bean» «Hawk» HAWKINS

(Saxophoniste ténor)

Né à St Joseph (Missouri) le 21 novembre 1904

Décédé à New York City le 19 mai 1969

Sa mère, institutrice et qui jouait de l’orgue, lui apprend le piano dès l’âge de cinq ans. À sept ans il apprend le violoncelle, puis réclame un «C» melody saxophone qu’il reçoit pour son neuvième anniversaire.

Il fait ses études, d’abord à la «Junior School» de St Joseph et à Kansas City (Missouri), puis il étudie la musique au «Washburn College» de Topeka (Kansas) et à Chicago.

Dès l’âge de douze ans il joue professionnellement dans les orchestres de danse scolaires autour de Kansas City. Il obtient son premier travail régulier au printemps de 1921 dans l’orchestre du Théâtre de la 12e rue à Kansas City. Au cours de l’été, la chanteuse Mamie SMITH se produit dans ce théâtre et lui propose de tourner avec son groupe : les «Jazz Hounds». Dans un premier temps sa famille refuse qu’il quitte l’école, mais en avril 1922 il revient à Kansas City et la rejoint pour travailler à Chicago, Cleveland et New York où quelques mois plus tard il enregistre ses premiers disques avec elle.

Après quelques tournées avec Mamie Smith, au cours d’une résidence au «Garden of Joy» de New York, il abandonne le «C» melody saxe pour le ténor.

Au début de 1923 il tourne avec les «Jazz Hounds» jusqu’en Californie où le groupe accompagne la revue «Struttin’ Along», mais les quitte et retourne à New York en juin. Là, il travaille en free-lance avec divers musiciens dont le clarinettiste Wilbur SWEATMAN qui, avec son groupe, fait l’ouverture du nouveau club «Connie’s Inn» en juin 1923. Fletcher HENDERSON l’ayant entendu avec Sweatman l’engage pour enregistrer avec son orchestre en août. Durant cette période, Hawkins joue aussi avec le pianiste Ginger JONES et le trompettiste Charlie GAINES au «Garden of Joy». Il joue également avec Cecil SMITH et Lou HOOPER au «Renaissance Casino». Vers la fin de cette année 1923, Fletcher Henderson et Hawkins jouent ensemble sous la direction du violoniste Ralph «Shrimp» JONES au «Bamville Club».

L’association avec Henderson devient définitive pour Hawkins lorsqu’il l’engage dans l’orchestre qu’il forme pour jouer au «Club Alabam» au début de janvier 1924. Il reste dans l’orchestre jusqu’en mars 1934, participant aux nombreux enregistrements effectués durant cette période.

Dans son premier solo enregistré en 1923 : «Dicty Blues», il révèle déjà un style personnel avec un gros son et un large vibrato. Chez Fletcher Henderson il lui arrive de doubler au saxophone basse et exceptionnellement de prendre un solo à la clarinette.

Au cours des années trente l’orchestre d’Henderson jouait souvent au «Roseland Ballroom» et au «Savoy Ballroom», et tournait en Nouovelle Angleterre, sur la côte est, le Midwest ainsi que dans le sud en 1933. Finalement, lorsque le projet d’une tournée en Grande Bretagne est annulé en 1934, Hawkins contacte le chef d’orchestre et impresario Jack HYLTON et organise une tournée dans ce pays pour jouer seul avec des groupes locaux. Hawkins étant devenu une star, quitte l’orchestre et arrive en Angleterre le 30 mars 1934 et tourne comme invité avec l’orchestre de Jack HYLTON et celui de Mme Jack HYLTON. Le succès est tel qu’il décide de rester en Europe, jouant avec les «Ramblers» à La Haye au début de 1935, puis en free-lance à Paris jusqu’en juillet 1939. Durant cette période il joue à Laren (Hollande), Zurich (Suisse) avec les «Berry’s». Le pianiste Freddie JOHNSON l’accompagne souvent. En France il joue avec le violoniste Michel WARLOP et participe aux célèbres séances d’enregistrement avec Django REINHARDT et Benny CARTER, notamment celle du 28 avril 1937.

Le 11 mars 1939 il revient en Angleterre pour une tournée sponsorisée par la marque d’instruments«Selmer» avec des musiciens locaux. Finalement il rentre à New York en juillet 1939. Il constitue alors une formation de neuf musiciens pour jouer au «Kelly’s Stables» de New York, puis en novembre 1939 forme un grand orchestre pour jouer à l’«Arcadia Ballroom». C’est à cette époque qu’à la fin d’une séance d’enregistrement il improvise son célèbre «Body and soul» qui va révolutionner la conception du saxophone ténor. Ce disque obtient un succès commercial et musical considérable. À la fin de 1939 la revue «Down Beat» le consacre meilleur saxophoniste ténor. Il dirige ensuite un nouveau big band au «Golden Gate Ballroom» de New York, à l’«Apollo Theatre», au «Savoy Ballroom» etc… Cet orchestre comprend des musiciens tels que les trompettistes Bill DILLARD et Joe GUY, les trombonistes Claude JONES et Sandy WILLIAMS, le contrebassiste Johnny WILLIAMS et les batteurs Art HERBERT et J.C. HEARD. Les arrangements sont fournis par les meilleurs spécialistes du moment. Malheureusement ce big band n’a qu’une brève existence. En novembre 1940 il doit dissoudre cet orchestre et travailler en petite formation, commençant par une résidence au «Kelly’s Stables» avec un septette comprenant le trompettiste «Peanuts» HOLLAND, le tromboniste Sandy WILLIAMS, le pianiste Clyde HART, le contrebassiste George DUVIVIER et le batteur J.C. HEARD. «Dizzy» GILLESPIE a joué une semaine dans cette formation.

L’engagement au «Kelly’s Stables» terminé en février 1941, il joue au cours des deux années suivantes à Chicago et dans le Midwest avant de retourner à New York comme artiste invité de l’orchestre du batteur Kenny CLARKE au «Kelly’s Stables» à la fin de 1942. Il continue à se produire en soliste jusqu’au printemps 1944, travaillant avec la chanteuse Billie HOLIDAY, le trompettiste Henry «Red» ALLEN et beaucoup d’autres.

Durant l’année 1945 il joue et enregistre avec un quintette moderne comprenant le trompettiste Howard McGHEE, le pianiste Sir Charles THOMPSON, le contrebassiste Oscar PETTIFORD et le batteur Denzil BEST. Cette formation apparaît dans le film The crimson canary. En février il prend part au premier «Jazz at The Philharmonic» (JATP) organisé par Norman GRANZ. Il retourne ensuite sur la côte est et travaille souvent sur la 52e rue avec le pianiste Thelonious MONK, le batteur Denzil BEST et le contrebassiste Al McKIBBON. Il tourne ensuite avec le J.A.T.P. qui le ramène en Californie en avril 1946.

Il retourne en Europe en mai 1948 pour le «Paris Jazz Festival» et tourne comme leader d’un orchestre comprenant le saxophoniste James MOODY et le batteur Kenny CLARKE de novembre 1949 à 1950.

Durant les années cinquante il continue à tourner régulièrement avec le J.A.T.P. et joue au «Birdland» de New York de l’été 1950 à septembre 1952.

En 1952-53 il co-dirige un quintette avec le trompettiste Roy ELDRIDGE. À l’automne 1954 il effectue une tournée des Bases américaines en Europe avec l’orchestre d’Illinois JACQUET.

Il enregistre beaucoup en free-lance et participe aux principaux festivals aux U.S.A. Au cours de ces années, il participe aussi à des Shows télévisés tels que : «The Tonight Show» en 1955, «The Sound of Jazz» en 1957 et «Art Ford’s Jazz Party» en 1958. Il tourne en Europe en 1958, 1960 et 1962 ainsi qu’en Australie en 1960 et en Amérique du Sud en 1961 pour de courts engagements.

Il enregistre plus de 125 morceaux en 1957, suivis d’une série d’albums pour Prestige et plusieurs pour Impulse, comprenant sa seule collaboration avec Duke ELLINGTON en 1962.

Du début au milieu des années soixante il joue au «Village Gate» et au «Village Vanguard» avec un quartette comprenant le pianiste Tommy FLANAGAN, remplacé en 1963 par Roland HANNA, le contrebassiste Major HOLLEY et le batteur Eddie LOCKE. Au début de 1965 sa rythmique comprend le pianiste Barry HARRIS, le contrebassiste Buddy CATLETT et le batteur Eddie LOCKE.

Il se produit encore en Europe en 1964 et 1966 et encore une fois avec le J.A.T.P.

Durant les deux dernières années de sa vie, il a souffert de détresse morale et été sérieusement atteint par l’alcoolisme.

Coleman Hawkins est décédé à new York le 19 mai 1969.